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La déforestation illégale en Amazonie

Dernière mise à jour : 9 nov. 2022



L’élection présidentielle brésilienne représentait un enjeu crucial pour l’Amazonie et pour l’environnement, mais pourquoi ?

Depuis l’entrée en fonction du président sortant, Jair Bolsonaro, la déforestation a augmenté en moyenne de 75% par rapport à la décennie précédente. Un chiffre alarmant quand on sait que le taux de CO2, responsable du réchauffement climatique, n’a jamais été aussi élevé dans l’atmosphère et que cette forêt tropicale en capte une très grande partie.

A contrario, Lula qui vient d’être réélu avait réussi à réduire drastiquement la déforestation durant son premier mandat. Au lendemain de sa réélection, les enjeux environnementaux qui pèsent sur lui sont toujours plus grands. Pour autant rien ne semble perdu ; par exemple, la Norvège, qui avait gelé son aide financière pour lutter contre la déforestation de l’Amazonie sous la présidence de Bolsonaro, renouvelle sa collaboration et son soutien pour inverser cette tendance aux côtés du gouvernement brésilien.

Mais la déforestation qu’est-ce que c’est ?

Il est question de déforestation lorsqu’il s’agit de la perte définitive de forêt au profit d’autres usages. Aujourd’hui près de 80% de la déforestation mondiale est causé par l'agriculture, les 20% restants étant dus à la construction d’infrastructures, des activités minières et de l’urbanisation. L’Amazonie est particulièrement soumise depuis les années 1960 à une déforestation rapide et aurait perdu en 60 ans près de 26% de sa surface initiale. La généralisation de ce phénomène trouve son origine dans une volonté de l’État brésilien d’intégrer des régions périphériques en bâtissant de vastes infrastructures de transports, en proposant de nombreux avantages fiscaux et en promouvant notamment un important programme de développement agricole.


Qui sont les “déforestateurs”?

Quoiqu’encore méconnu et parfois sensiblement différent selon les régions étudiées, le processus de déforestation en Amazonie brésilienne répond à une logique particulière. On admet généralement que l’on défriche des hectares de forêts pour installer de grandes cultures ou faire paître d’importants cheptels. Le processus de déforestation est cependant plus complexe car porté par différents acteurs.

On distingue :

- Les colonos, qui sont de tout petits agriculteurs familiaux,

- Les fazendeirnhos, qui sont des éleveurs de bovins de taille moyenne,

- Les fazendeiros, qui sont de grands éleveurs bovins, souvent capitalistiquement très influents.


Comment procèdent-ils?

Tout d’abord, notons que toutes les activités de défrichement sur les fronts pionniers sont illégales car les auteurs ne bénéficient pas de l’autorisation accordée par l’État fédéral. Au regard de la législation brésilienne, les acteurs responsables du défrichement sont en effet passibles de lourdes amendes, voire de peines de prison pour « crime environnemental ». Ils se constituent principalement de petites équipes autonomes difficilement identifiables qui se chargent de cette « première » étape de défrichement à haut risque permettant de « gagner des terres ».


Apparaît ensuite, un autre phénomène, parfaitement légal quant à lui, mené par les grands éleveurs bovins qui a lieu en 3 temps :

D’abord, l’élevage au sens strict, soit la « production de bovins »

- Ensuite, la production de pâturages, c’est-à-dire la production de surfaces déboisées pérennes et vouées à l’alimentation animale ;

- Enfin, la valorisation de ces pâturages et plus particulièrement, la spéculation foncière, consistant à impulser et profiter de la hausse fulgurante de la valeur des terres de la région lors de la vente d’une exploitation (la fazenda).


Finalement, il est primordial de comprendre que la « production de bovin » au sens strict ne représente que 1 à 30% des taux de profit annuel d’un fazendeiro quand la production de bovin + valorisation foncière en représente entre 20 et 40% et qu’enfin, ces deux éléments liés à la production de pâturage peuvent représenter 90% des profits réalisés.

En conclusion, la déforestation de l’Amazonie est schématiquement, un processus extrêmement rentable de « création et de revente légale de terres agricoles » plutôt que simplement de « production agricole » en tant que tel.

Qu’en est-il aujourd'hui de la forêt amazonienne ?

L’Amazonie est aujourd’hui, au niveau mondial, la région la plus touchée par la déforestation. Les conséquences sont nombreuses. D’abord, la déforestation contribue fortement à l’érosion de la biodiversité amazonienne qui représente, à elle seule, plus de 10% de la biodiversité mondiale. Mais la déforestation a également des incidences fortes sur le climat. En effet, en coupant des arbres, la forêt rejette du CO2 auparavant stocké, ce qui a une influence sur le réchauffement du climat au niveau mondial.Il est important de souligner que la forêt amazonienne régule à elle seule tout le climat de l’Amérique du Sud. C’est elle qui maintient l’humidité en produisant de la vapeur d’eau, grâce à l'évapotranspiration des arbres. Sans cette forêt, la région entière est sujette à de grosses sécheresses.

Comme évoqué précédemment, on aurait aujourd’hui atteint un point critique car on estime que 26% de la surface initiale aurait été déforesté en 60 ans. Toutefois, un récent rapport reste optimiste et fixe un objectif atteignable de parvenir à 80% de terres intactes ou peu dégradées d’ici 2025. Concrètement, cela signifie restaurer 54 millions d’hectares de terre en trois ans, soit la superficie d’un pays comme la France !


Que peut-on faire pour protéger la forêt ?

Les études ont montré que la création des espaces protégés jouait un rôle essentiel dans le ralentissement du rythme de la déforestation et semble être la stratégie la plus efficace. Elle demande néanmoins une participation active de la part du gouvernement brésilien. Il est également nécessaire d’agir en coopération avec les agriculteurs locaux pour leur proposer une agriculture régénérative qui respecte les écosystèmes.


Toutefois, le fait de protéger la forêt n’est qu’une partie de la réponse. La population mondiale ne cessant de croître, il devient de plus en plus urgent de trouver de nouvelles terres agricoles. Plutôt que de convertir des terres naturelles et sauvages en terres agricoles productives, il est donc urgent de restaurer des terres dégradées pour les transformer à nouveau en terres arables.

Les déserts couvrent une superficie de 5 000 millions d’hectares, soit l’équivalent du continent américain. Cultiver ces immenses superficies est une des solutions préconisées en réponse aux agricoles auxquels nous sommes confrontés. C’est dans cette optique que les équipes de Sand to Green ont développé une solution de culture des déserts, en installant des plantations agroforestières d’espèces endémiques irriguées par le dessalement d’eau saumâtre ou d’eau de mer à l'énergie solaire.







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